Ma Boutique de Course: Boutique Courir

Le bastion de la communauté de course à pied de Montréal

Montréal a connu un certain nombre d’institutions de vente au détail vénérables au fil des ans, mais beaucoup ont disparu, victimes de l’évolution démographique et d’un environnement de vente au détail difficile. Ce n’est pas le cas de Boutique Courir, dont les associés fondateurs, Daniel Beaupré et Gilles Labre fêtent cette année les 30 ans d’existence.

Non pas que ça ait été facile. Boutique Courir a débuté à Longueuil comme magasin de course à pied et conserve toujours son nom et son objectif. La boutique a cependant étendu ses activités avec le ski de fond, le vélo et le triathlon, ce qui n’est logique que dans une ville comme Montréal, animée par la pratique du sport extérieur à longueur d’année. Certes, il ne s’agit pas de marchés entièrement distincts : il y a évidemment beaucoup de croisements entre la course à pied et le ski de fond, et entre la course à pied et le triathlon. 

Beaupré aime raconter comment lui et Labre s’entraînaient ensemble lorsque le club d’athlétisme Citius de Montréal a fusionné avec le club Calo de Longueuil. Beaupré était à Citius et Labre à Calo. Depuis 1980, Labre était propriétaire de la (très petite) première Boutique Courir à Longueuil. Un jour, il a approché Beaupré et lui a dit : « J’aimerais avoir un magasin à Montréal. »

Beaupré n’a pas hésité. À l’époque, il travaillait la nuit au centre de distribution de Postes Canada et dès qu’il le pouvait, il participait à des événements de course pour son employeur partout au Canada. « Je ne voulais pas avoir un poste de nuit pour le reste de ma vie », explique-t-il. C’était un emploi sûr, mais sa passion pour la course à pied signifiait beaucoup plus pour lui. Et même s’il serait déjà à la retraite s’il était resté au sein de l’entreprise, même si lui et sa femme ont eu un bébé dont la naissance a coïncidé avec l’ouverture du magasin et qu’il a dû arrêter de courir, il n’a pas eu un seul instant de regret.

Ensemble, Beaupré et Labre ont trouvé un local de 2 500 pieds carrés près de l’angle des rues St-Denis et Mont-Royal, dans le quartier du Plateau (à quelques minutes de jogging de la croix sur le mont Royal), et les deux ont ouvert la Boutique Courir de Montréal. Peu à peu, le magasin de Montréal s’est agrandi au fil des ans, prenant de plus en plus d’espace et achetant finalement l’immeuble en 2001.

Le magasin offre maintenant trois étages complets d’articles de sport. « Les gens actifs viennent ici pour trouver de l’équipement », explique Beaupré, qui fait tout en son pouvoir pour s’assurer que les produits sont non seulement les plus récents, mais aussi amusants et attrayants. (Il mentionne que le magasin a l’une des meilleures sélections des populaires chapeaux de course techniques et colorés Ciele.) « C’est un magasin de bonbons pour les athlètes. »

Et depuis 10 ans, Beaupré et Labre sont les enthousiastes propriétaires d’un groupe d’experts en médecine sportive appelé Vivaï, qui occupe le quatrième étage de l’immeuble. Les professionnels de Vivaï (qui ont travaillé avec certaines équipes olympiques canadiennes) contribuent non seulement à garder les athlètes montréalais en santé grâce à des services de physiothérapie, de massage et de conseils en nutrition sans même avoir à quitter l’édifice, mais ils contribuent aussi à renforcer l’identité de la Boutique Courir comme l’un des points centraux de la vie sportive à Montréal.

Beaupré et Labre ont évidemment vu beaucoup de changements dans le sport de la course à pied au cours des 30 dernières années. Au premier rang règne le monde de l’Internet, qui a permis de magasiner sans aller au magasin en plus de permettre aux coureurs de se trouver et de communiquer entre eux. La participation croissante des femmes sur la scène récréative et élite, ainsi que l’essor des courses à pied et des courses à thème ont élargi l’attrait de la course à pied et incité la Boutique Courir à se tenir au courant et à réagir aux nouvelles tendances.

Dans le secteur des vêtements en particulier, les clientes veulent l’expertise du personnel féminin, qui comprend que les problèmes d’ajustement des femmes sont différents de ceux des hommes. Les chaussures en sont un autre exemple : bien que le nombre de fabricants de chaussures qui continuent d’offrir des chaussures de taille AA (étroite) aux femmes diminue, un magasin spécialisé comme Boutique Courir doit, dans la mesure du possible, répondre à un vaste éventail de besoins. Et parmi les 18 membres du personnel, le ratio femmes/hommes est d’environs 40/60.

Les commanditaires de la Boutique Courir et les organismes caritatifs que les courses soutiennent sont une grande partie de ce qui anime la communauté de course à pied de Montréal, le principal étant la course Banque Scotia 21k de Montréal en avril qui a amassé seulement l’an dernier 1,3 million $ pour 80 organismes participants. L’une des principales épreuves de course du printemps dans l’Est du Canada, elle comprend le 5 km, le 10 km et le 1 km pour les enfants ainsi que le demi-marathon, et a permis de recueillir plus de 7,5 millions de dollars depuis le début du Défi Caritatif Banque Scotia, en 2009. Les événements se déroulent au Parc Jean-Drapeau, que de nombreux athlètes maîtres se rappellent comme ayant été le site de l’Expo 67.

Il y a trois ans, le magasin a lancé une autre initiative communautaire en soutenant le jeune programme d’athlétisme d’une école secondaire locale. En janvier, des autobus remplis d’élèves de 14 à 16 ans du Collège Jean de la Mennais sur la rive sud de Montréal se sont rendus à l’événement Dartmouth Relays au New Hampshire. Beaupré et Labre avaient participé à cette compétition il y a de nombreuses années avec leurs propres clubs d’athlétisme, et avaient de bons souvenirs de la piste elle-même et de la compétition. L’initiative a commencé avec 30 athlètes et s’est étendue à plus de 100.

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